Un courtier, ce n'est jamais gratuit. Même quand c'est écrit « 0 € ». Voici les cinq frais que tu paies en investissant en bourse, et ce qu'ils représentent vraiment, chiffres de l'AMF à l'appui.
1. Les frais de courtage, payés à chaque ordre
C'est le plus connu : une commission prélevée à chaque achat et à chaque vente. L'AMF relève chaque année les tarifs affichés. En janvier 2026, dans les banques de réseau, un ordre de 1 000 € coûtait en moyenne 0,65 % depuis un compte-titres et 0,49 % depuis un PEA.
L'écart n'est pas un hasard : dans un PEA, les frais de transaction sont plafonnés par la réglementation à 0,50 % du montant de l'ordre. Le compte-titres, lui, n'a aucun plafond.
Les plateformes en ligne affichent des tarifs nettement inférieurs à ceux des banques de réseau, et les acteurs les plus récents, appelés « néo-brokers », sont les moins chers du panel de l'AMF.
2. La commission minimale, le piège des petits ordres
Beaucoup d'établissements appliquent un minimum de 5 à 12 € par ordre depuis un compte-titres. Sur un ordre de 1 000 €, ça passe inaperçu. Sur un ordre de 100 €, un minimum de 5 € représente 5 % de la somme investie, à l'achat, puis de nouveau à la vente.
C'est la raison pour laquelle investir 50 € chaque semaine coûte proportionnellement beaucoup plus cher qu'investir 200 € chaque mois, à montant annuel égal.
3. Les droits de garde, payés même sans rien faire
Ce sont les frais de conservation de tes titres, prélevés chaque année, que tu passes des ordres ou non. Pour un portefeuille de 60 000 € réparti sur 10 lignes, l'AMF mesure un niveau moyen de 0,35 % en 2026, soit 211 € par an dans les banques de réseau.
Deux points à retenir : ces frais sont proportionnellement plus élevés sur les petits portefeuilles, et ils augmentent avec le nombre de lignes détenues. Beaucoup de plateformes en ligne n'en facturent pas, mais certaines les appliquent aux clients qui passent peu d'ordres.
4. Les frais de change, invisibles sur le relevé
Acheter une action cotée à New York suppose de convertir des euros en dollars. Cette conversion a un coût, qui n'apparaît presque jamais comme une ligne de frais : il est intégré au taux appliqué.
L'AMF note que l'information sur les ordres à l'étranger est souvent incomplète dans les brochures tarifaires. Pour une transaction de 5 000 € sur un marché américain, elle mesure un coût moyen de 0,9 %, soit 45 € dans les banques de réseau, sans compter les frais de change.
5. Les frais que personne n'annonce en page d'accueil
- Les frais d'inactivité, facturés par certains intermédiaires quand le compte dort.
- L'écart entre le prix d'achat et le prix de vente, qui n'est pas une commission mais un coût réel, surtout sur les titres peu échangés.
- La taxe sur les transactions financières, due sur certaines actions françaises. Ce n'est pas un frais de courtier, mais elle se paie quand même.
Alors, « 0 € de courtage », c'est faux ?
Pas forcément, mais c'est rarement l'histoire complète. Dans le panel de l'AMF, deux néo-brokers sur sept annoncent la gratuité des frais de courtage. La lettre précise ce que cette gratuité exclut : les frais de change, les frais de correspondants et la taxe sur les transactions financières. Et dans l'un des deux cas, seul le premier ordre du mois est gratuit.
La question utile n'est donc pas « est-ce gratuit ? », mais « où se situe le coût ? ». Un courtier doit gagner de l'argent quelque part : s'il ne le prend pas sur l'ordre, il le prend sur le change, sur la tenue de compte, ou sur d'autres produits mis en avant.
Trois questions avant d'ouvrir un compte
- Quel est le coût d'un ordre de la taille que je vais vraiment passer ? Un barème avantageux sur 10 000 € peut être très cher sur 150 €, à cause de la commission minimale.
- Y a-t-il des droits de garde, et à partir de quand ? Certains intermédiaires ne les facturent qu'aux comptes peu actifs.
- Combien me coûte un achat hors zone euro ? C'est la ligne la plus souvent absente des comparatifs.
Ce que ça change sur la durée
Les frais ne se voient pas sur le moment, mais ils se cumulent. Un prélèvement annuel de 0,35 % sur un portefeuille, auquel s'ajoutent des frais à chaque ordre, réduit mécaniquement ce qui reste investi, et donc ce que les intérêts composés peuvent faire travailler.
Le comparateur met en regard plusieurs placements avec leur fiscalité, et le simulateur permet de voir l'effet de la durée sur un versement régulier. Les courtiers présentés dans le comparateur ne rémunèrent pas Financia.
En résumé
Un courtier se paie sur l'ordre, sur la conservation, sur le change, ou sur les trois. Avant de choisir, regarde le barème avec tes montants et ta fréquence, pas avec ceux de la publicité. Et souviens-toi que dans un PEA, les frais de transaction sont plafonnés à 0,50 %.
Sources
Cet article est informatif et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil ni une recommandation d'investissement personnalisée, et ne recommande aucun courtier ni aucun établissement. Les tarifs cités sont des moyennes relevées par l'AMF au 15 janvier 2026 et évoluent. Investir comporte un risque de perte en capital.